Détartrer et nettoyer ne sont pas la même chose. Le détartrage enlève le calcaire dans le circuit d'eau ; le nettoyage enlève les graisses de café dans le groupe. Faire l'un sans l'autre laisse la moitié du problème en place.
Le calcaire, panne numéro un
Le calcaire se dépose sur la résistance et dans les conduits. Sur la résistance, il forme une couche isolante : la chaleur passe moins bien vers l'eau, le thermostat ne voit pas la consigne atteinte, la résistance chauffe donc plus fort et plus longtemps. Elle finit par dépasser sa propre limite thermique et lâche. C'est la mort la plus banale d'une machine à café, et elle est entièrement évitable.
Dans les conduits, le même dépôt réduit le débit. Une machine qui met de plus en plus de temps à sortir la même quantité d'eau est en train de s'entartrer, et c'est votre meilleur signal d'alarme.
La fréquence dépend de votre eau, pas du calendrier. En eau très calcaire, tous les deux mois ; en eau douce, deux fois par an suffisent. Utiliser une eau filtrée ou une eau de source légère espace nettement les détartrages — et améliore la tasse au passage.
Le vinaigre blanc n'est pas un détartrant de machine
Il détartre, c'est vrai. Il attaque aussi les joints en caoutchouc, qu'il durcit, et l'aluminium de certaines chaudières. Il laisse en plus une odeur que trois rinçages n'enlèvent pas complètement. Sur une bouilloire, faites-vous plaisir ; sur une machine à café, utilisez un produit prévu pour.
Les graisses de café, l'autre moitié qu'on oublie
Le café contient des huiles qui se déposent sur le groupe, la douchette et le panier. En séchant au contact de l'air, elles rancissent. Elles donnent alors un goût de vieux, gras et âcre, qu'on attribue presque toujours au grain — alors qu'il vient de la machine, et qu'aucun changement de café ne le fera partir.
Un rinçage à l'eau claire ne les enlève pas : les huiles ne sont pas solubles dans l'eau. Il faut un détergent alcalin spécifique, ou au minimum un brossage régulier des pièces démontables. Sur une machine à électrovanne, la méthode standard est le rétro-lavage : un filtre aveugle dans le porte-filtre, une demi-cuillère de poudre, et quelques cycles courts qui renvoient l'eau à contre-courant à travers le groupe.
Attention : le rétro-lavage suppose une électrovanne. Sur une machine qui n'en a pas, comme une Dedica, il n'y a nulle part où renvoyer l'eau — on démonte et on brosse.
- Détartrage : circuit d'eau, tous les 2 à 6 mois selon la dureté
- Nettoyage du groupe : graisses de café, toutes les deux à quatre semaines
- Panier et porte-filtre : trempage dans la même poudre, une fois par mois
- Buse vapeur : purge après chaque usage, sinon le lait cuit dedans
1 mm
Le moulin aussi s'encrasse, et personne n'y pense
Les mêmes huiles se déposent sur les meules et dans la goulotte, où elles rancissent exactement pareil. Un moulin jamais nettoyé donne un arrière-goût constant que vous finirez par attribuer à votre café.
Toutes les quelques semaines, démontez la meule supérieure — c'est prévu pour sur presque tous les moulins — et brossez. N'utilisez ni eau ni détergent sur des meules en acier : elles rouillent. Une brosse sèche et un aspirateur suffisent.
Le calendrier minimal, celui qu'on tient vraiment
Un entretien trop ambitieux ne se fait pas. Celui-ci se tient : purger la buse vapeur après chaque usage, rincer le groupe et le panier chaque soir, nettoyer les graisses une fois par mois, détartrer selon votre eau, brosser le moulin au changement de paquet.
Cinq gestes, dont trois prennent moins de dix secondes. C'est la différence entre une machine qui dure trois ans et une machine qui en dure quinze.